lundi 20 février 2012

Pandore au Congo


Le second ouvrage d'Albert Sanchez Pinol nous ammène à l'aube de le première Guerre Mondiale dans un Londres post victorien où un apprenti écrivains, plumitif mercenaire, se voit engager par un avocat avant-gardiste dans le but de relater les déboires de son client lors d'une expédition au Congo qui aurait mal tournée.

Tous les éléments de la grande aventure africaine y sont ! Y compris l'anabase du client lors de sa remontée du fleuve Congo qui n'est pas sans rappeler le voyage "au cœur des Ténèbres". Mais là où l’œuvre de Jospeh Conrad sombre dans une nébuleuse psychologique déprimante, celle de Pignol s'enflamme dans de rocambolesques élucubrations dignes des romans d'aventures populaires contemporains de l'époque où la trame de l'histoire se tisse.

C'est frais, passionnant et palpitant à la fois tout en ménageant pas mal de surprises. Difficile d'en révéler plus sur un ouvrage qui vous mènera pas le bout du nez à l'aide de ficelles bien souvent cachées par des gros câbles. On notera cependant que les amoureux du Drachenland et des aventures fantastiques du courant punk à vapeur (Steam punk) sortiront ragaillardis par une telle lecture que je ne serait que trop conseiller à tout le monde.

Pandore au Congo d'Albert Sanchez Pignol est un livre particulièrement original plein de rebondissements surprenants dans un style moderne et dynamique qui propose de redécouvrir les ressorts palpitants de la grande aventure post-victorienne de la littérature populaire du début du XXème siècle sans ses travers poussifs. Un livre à lire.

STéphane

dimanche 19 février 2012

La peau froide


La peau froide est le premier livre d'Albert Sanchez Pignol que je chronique ici. C'est un petit livre qui relate à la première personne le huis-clot d'un héros désirant se retirer de la vie sociale et qui se fait débarquer sur un îlot de l'Atlantique Sud. Il partagera son sort avec un gardien de phare et un autre personnage totalement fantastique : la peau froide.

Pas question de grands discours entre ces personnages tous plus taciturnes les uns que les autres, mais une ambiance cloaque qui n'est pas sans rappeler celles des livres de Lovecraft. La ressemblance des peaux froides avec les profonds n'est peut être pas que fortuite.
Très rapidement, ce petit monde sera soumis aux attaques incessantes d'autres peaux froides qui mèneront alors un véritable siège de la micro communauté humaine transformant ce récit de voyage en œuvre fantastique.

Si le développement du livre est passionnant c'est certainement due à son ambiance particulière quelques peu angoissante que l'auteur fait évoluer à longueur de page en fonction des aléas et du moral de son héro oscillant entre la frénésie hystérique et la dépression nihiliste tout en usant de suspens qui vous maintien en haleine. C'est d'ailleurs ce parti pris qui ne m'a pas permis de retenir ce livre comme une bonne lecture. En effet, si le style moderne et dynamique permet de sympathiques clin-d'oeil à la littérature d'aventure d'en temps j'ai eu du mal à y trouver un quelconque intérêt.

Ce ne fut pas le cas du second livre de Pignol dont je vous parlerai demain.

STéphane

vendredi 17 février 2012

Djem de Roderick Conway Morris


Encore un roman historique dont la trame se noue au plus haut niveau de l'état Ottoman au crépuscule du quatrocento italien. 480 pages d'aventure qui ont pour toile de fond l’invraisemblable vie de Djem, fils cadet du sultan Mehmet II dit le conquérant, persuadé d'avoir un destin à la tête des osmali mais évincé au profit de son demi-frère aîné (Bajazet II) à la mort de leur père.

Le livre suit la vie d'un officier ottoman, sorte d'agent secret avant l'heure, dont la carrière se trouve entremêlée avec celle de Djem "protégé" par les chevaliers hospitaliers alors installés à Rhodes. L'un comme l'autre vont se retrouver à arpenter les terres occidentales de Gêne et de Rome en faisant un détour par celles auvergnates du grand maître Pierre d'Aubuson et particulièrement son fief de Bourganeuf en Creuse (23) où une tour dite zizim témoigne encore aujourd'hui de ces rocambolesques événements.

Le livre aurait pu être sympa, et si son écriture est de lecture aisée, sa trame est fort poussive sans parler du fait que l'agent secret et le service dont il dépend ont des pratiques un peu trop modernes pour être crédibles l'espace d'un seul instant. Si l'évocation des événements historique (hospitalier, succession de Mehmet II, Rome des Borgia ...) est particulièrement soignée au regard du peu d'éléments que j'en sais, il n'en va pas de même pour le roman lui même qui se traîne en longueur tout en peinant à rendre crédible les phases successives d'action dont les dénouements franchissent allègrement la frontière du crédible à de trop nombreuses reprises sans pour autant être spectaculaires.

Ce livre ne supporte donc pas la comparaison avec la Religion de Tim Willocks précédemment chroniqué ici.

Ah, une dernière chose en passant; je vous invite à zoomer sur la couverture de ce livre et je vous donne moins de 30 secondes pour trouver ce qu'elle a d'incongru. Je pense qu'un stagiaire de maison d'édition mériterait le fouet ou un bain dans le lac :mrgreeen:
Si ça c'est pas un éminent témoignage que notre civilisation est en train de tomber bien bas :D

STéphane

mardi 14 février 2012

Mémoires du Capitaine Alonso de Contreras


Les mémoires du capitaine Alonso de Contreras est un récit autobiographique haut en couleur du début du XVIIème siècle. Parangon de l'aventurier espagnol désargenté, roublard, menteur, intrépide et fin bretteur mais surtout extrêmement fier de son rang, Alonso de Contreras est la preuve vivante qu'il est possible de vivre plusieurs vies en une seule.

Si les siennes se sont davantage déroulées à bord de galiotes corsaires écumant la méditerranée orientale à la recherche de proies faciles, son allant, son franc parlé, son intrépidité ainsi que sa chance, ne sont pas sans rappeler les aventures de personnages plus imaginaires que sont D'Artagnan ou le capitaine Alatriste.

Les commentaires d'historiens et de chercheurs en début et fin de livre sont là pour rappeler que sous l'extravagante succession d'aventures se cache une réalité historique qui témoigne des présences plus ou moins improbables du capitaine de Contreras dans des lieux qui le mettent souvent en contact avec les grands événements de son siècle (par exemple, alors qu'il ne stationne que 6 mois à la frontière des Flandres il trouve le moyen d'être de garde le jour où l'on annonce la mort d'Henry IV de France).

Une traduction moderne permet de lire rapidement ce petit ouvrage non dénué d'humour, qu'il serait judicieux de lire pour tous ceux qui ont un faible pour cette période mouvementée et, force est de le constater, très haute en couleur à défaut d'être pétrie d'humanisme et de saines pensées.

STéphane

vendredi 10 février 2012

chantier naval : la caravelle au long-court


Voici pour la plus grosse des caravelles, une caraque en fait. J'ai perdu une décalco dans la bataille et n'ai toujours pas les drapeaux.

Les boucliers rompent la monotonie sylvestre du navire en lui donnant une touche de couleur. J'ai récupéré les décalcos de la Santa Maria qui allaient bien et peint les autres en reprenant des motifs propres à la couronne portugaise de l'époque.


Les voiles sont nazes, mais je les ai tout de même gardées. Leur taille ridiculement petite ont pour avantage de ne pas gêner la manipulation des figus sur les ponts ce qui compense quelques peu leur aspect made in PRC :D.

Vue de côté l’absence de cordage fait un peut vide. Mais il faut être vicieux pour rester durant toute la partie dans cet axe de vision :mrgreen:


Hop, encore des grumpy's et des Essex 15mm pour vous donner un aperçu du rendu. Le fait que la maquette soit au 1/96è ne semble pas poser de problème.

Reste à trouver de vrais équipages pour ces navires. Pas facile de détourner des figurines qui tiennent systématiquement une arme et cela d'autant plus que je ne connais aucun sculpteur à part QRF qui fait du bonnet atlantique; le couvre chef très à la mode sur les côtes atlantiques au XVIème siècle porté aussi bien par les marins portugais que par les anglais et les écossais. Une sorte de bonnet mou qui préfigure les bérets sans en avoir l'ampleur.

La prochaine étape sera sans doute de me procurer le San Gabriel de chez Zvesda qui est le navire amiral de Vasco de Gama. Ce serait effectivement un comble s'il ne rejoignait pas ma flotte :D



Stéphane

jeudi 9 février 2012

La Religion de Tim Willocks


J'ai eu l'occasion de lire ce livre l'automne dernier et me rends compte que je ne l'ai pas chroniqué ici sans me faire vilipender par certains des habitués. Je m'y emplois donc aujourd'hui avant d'être maudit jusqu'à la 8ème génération et demie.

La Religion, du nom donné à l'ordre de Malte, est un gros pavé de 1000 pages qui peut faire peur au premier abord mais qui se lit plus que facilement. On est même surpris d'y revenir sans entrain particulier mais inlassablement. Ce fut le plus étonnant pour moi puisque le sujet du livre, le siège de Malte par les troupes ottomanes en 1565, me permettait de m'appuyer sur une relative bonne connaissance de l'armée ottomane à défaut d'en savoir un peu sur l'ordre de malte mais rien sur le siège de 1565; le livre risquait donc de mettre relativement indigeste s'il s'était contenté d'exposer les faits et les connaissances avec l’extravagance et les caricatures qui caractérisent généralement les romans dits "historiques". Ben là, c'est pas le cas et c'est tant mieux.

C'est un excellent livre pour découvrir pas mal des aspects du XVIème siècle méditerranéen. En cela il ne m'a pas apportait grand chose mais les informations historiques sont tellement distillées au milieu de phases d'actions ou de romances qu'on arrive à prendre connaissance de pas mal de chose sans s'en rendre compte. En effet, chaque étape du livre est un mélange de plusieurs composantes alliant la geste épique, au conte philosophique, avec un zeste de romance courtoise et/ou grivoise, plus un exposé sur la vie sur les bords de la méditerranée au XVIème siècle, le tout judicieusement imbriqués les uns dans les autres avec comme liant un style totalement transparent. C'est à dire qu'on ne se rend compte de rien. On arrive à la page 500 sans attendre la 501ème, mais on le reprend quand même porté par rien de spéciale, mais tout d’indispensable.

En fait, c'est un livre qui n'a peut être aucune qualité mais qui n'a pas un seul défaut. Même celui du poids et du nombre de page ne vaut pas dans son cas car on arrive à la fin sans qu'il vous ait pesé le moins du monde si ce n'est dans votre sac en allant au boulot :D

Pour ma part, et à l'aune de mes piètres connaissances, je n'ai relevé aucune incongruité historique. J'ai pas même levé un sourcil et les ficelles littéraires sont très ténues si pas invisibles.

La Religion de Tim Willocks est un excellent duvet douillet avec lequel il fait bon voyager dans d'autres temps, en d'autres lieux et en plus, vous apprendrez certainement des choses se faisant (en tout cas ça peut vous dispenser de lire les 3 tomes de Fernand Braudel :mrgreen: ).

STéphane

mercredi 8 février 2012

chantier naval : la caravelle d'exploration


Ben voilà c'est fini. Manque plus que les drapeaux dès que j'aurais mis la main sur une imprimante.

L'avantage avec les voiles latine et l’emploie des aimants c'est qu'on peut s'amuser :

Vent tribord arrière.

Vent arrière

Vent bâbord arrière.


Et un peu de vie sur ce rafiot (figurines Grumpy et Essex 15mm)

STéphane

mardi 7 février 2012

FETIH 1453 : de la grosse cavalerie turque


Après les russes, il n'y a pas de raison que les Turcs ne s'y mettent pas aussi : Fetih 1453 est un film turc relatant la prise de Constantinople par Memhet dit Fetih en 1453.
Ça a l'air du lourd, digne des plus grands péplum, jugez-en plutôt en regardant cette bande annonce :




C'est du grand spectacle avec certainement ses avantages et ses nombreux inconvénients. Mais on ne boudera pas son plaisir de voir un autre point de vu. Reste à savoir dans quelles conditions il sortira en France. Certainement en DVD.

STéphane